Impact Carbone ski : Enjeux environnementaux et solutions

Synonyme de bien-être et de dépaysement, chaque année, la montagne est très prisée par les touristes.

Selon l’Observatoire National des Stations de Montagne de l’ANMSM, les vacances d’hiver 2022-23 ont connu un grand succès, avec un taux d’occupation de 68 % et 51 millions de journées vendues.

Mais les vacances au ski ont des effets néfastes sur notre environnement. D’ailleurs les territoires montagneux sont les premiers à subir les effets du réchauffement climatique : fortes périodes de canicule, de pluie, érosion des sols, éboulements, fonte des neiges, etc.

Selon Météo France : “dans les Alpes et les Pyrénées françaises, la température a augmenté de plus deux degrés au cours du XXe siècle, contre 1,4 degré dans le reste de la France. »

Alors, quel est l’impact carbone du ski ? Quelles conséquences pour notre environnement ? Et quelles solutions sont mises en place pour décarboner cette activité ?

 

La France : Une destination très prisée pour skier

 

La France reste une destination de prédilection pour les adeptes du ski, avec son vaste domaine skiable qui compte plus de 350 stations.

 

 

Nombreuses sont localisées dans le sud et l’est de la France – notamment dans les Alpes (les plus fréquentées au monde), les Pyrénées, le Massif Central, le Jura et les Vosges.

C’est d’ailleurs un sport populaire puisque 46 % des Français (de 16 à 75 ans) pratiquent cette activité, selon une enquête IPSOS de 2020.

Pour vous donner quelques chiffres, cette activité représente :

 

  • 10 missions de touristes, dont un tiers d’étrangers ;
  • 80 % du chiffre d’affaires, soit 1,6 million d’euros en 2022-2023
  • 120 000 emplois qui dépendent de l’ouverture des stations (commerces, hébergements, écoles de ski, restauration, services de la station, etc.)

Vous vous en doutez, ces chiffres ne sont pas sans conséquences sur notre environnement.

 

Quel est le Bilan Carbone du ski ?

 

Une journée au ski génère environ 48,9kg CO2eq / personne, soit l’équivalent d’un trajet d’environ 250 km en voiture. Néanmoins, dans ce total, seulement 1,4 kg CO2e concerne la gestion du domaine skiable.

En effet, pour comprendre l’impact environnemental du ski, il est essentiel de prendre en compte le voyage complet d’un touriste, soit :

 

  • le transport ;
  • le logement ;
  • les activités ;
  • les équipements ;
  • l’utilisation des domaines skiables, etc.

 

Alors, d’où viennent les principales émissions de gaz à effet de serre ?

 

Les activités liées au ski (comme l’utilisation des remontées mécaniques ou l’entretien des pistes) représentent seulement 2 à 3 % des émissions de GES émises par les stations.

En revanche, les transports pour se rendre en région montagneuse sont responsables de plus de la moitié de ces émissions, soit 57 %. D’autant plus qu’un tiers des skieurs sont étrangers et prennent l’avion : un moyen de transport grand émetteur de gaz à effet de serre.

Par exemple, un londonien qui vient en avion puis en taxi émettra 61,8 kg CO2e, contre 5 kg CO2e s’il prend le train et le bus !

Ensuite, les émissions proviennent de l’énergie utilisée pour les bâtiments, notamment l’utilisation de combustibles fossiles pour le chauffage des hôtels, des restaurants, des bâtiments de loisir et des logements résidentiels. La facture énergétique compte pour 27 % de ces émissions.

 

Sources : D’après le Bilan Carbone de 10 stations de ski en France en 2020 (selon l’association nationale des maires des stations de montagne et l’ADEME).

 

Impact carbone ski : Quelles conséquences pour l’environnement ?

 

La pratique du ski a des répercussions environnementales importantes qui vont au-delà des émissions de gaz à effet de serre. En effet, les activités associées au ski impactent la faune, la flore et les paysages environnants.

Par exemple :

 

  • l’aménagement et l’entretien des domaines skiables ainsi que la construction des résidences secondaires (hôtels, villas, etc.) et des infrastructures (parkings, routes, tunnels, etc.) perturbent les habitats naturels. Par conséquent, certaines espèces doivent fuir ou migrer.
  • La pollution sonore et lumineuse des remontées mécaniques, des infrastructures et des hommes contribuent à perturber l’équilibre écologique. Là encore, certaines espèces sont dans l’obligation de fuir.
  • La diminution de l’enneigement et l’utilisation croissante de la neige artificielle (à 39 % sur les pistes de ski en 2022) posent des problèmes de disponibilité de l’eau et affectent la biodiversité. En effet, il faut environ 1000 litres d’eau pour 2 à 2,5 m³ de neige et près de 20 % de cette eau peut être perdue par évaporation pendant le processus de création. De plus, cette eau s’est chargée en minéraux et en ions, ce qui perturbe les micro-organismes et les plantes locales. Les canons à neige peuvent également entraîner des pollutions, comme des fuites d’huile.

 

Qui plus est, le réchauffement climatique représente une menace majeure pour l’industrie du ski.

En effet, la fonte des glaciers et la hausse de température du permafrost (sol gelé dont la température reste en dessous de 0 °C pendant deux années consécutives) entraînent :

 

 

  • des risques accrus d’effondrements rocheux, de glissements de terrain et d’avalanches ;
  • la mortalité des forêts, avec un assèchement des sols, des arbres, une augmentation du nombre d’incendies, de ravageurs et de champignons ;
  • la disparition de nombreuses espèces. En haute montagne, 44 espèces animales et 186 espèces de flore sont menacées (GIEC).

 

 

Si rien ne change et que le réchauffement climatique atteint 2 °C, 40 % des stations de ski pourraient fermer et 66 % si le réchauffement est de 4 °C.

De plus, selon une étude de 2023 publiée dans la revue Nature Climate Change : “8 % des 2 234 stations de ski européennes devraient connaître : “un risque très élevé d’approvisionnement en neige en cas de réchauffement climatique à 4 degrés.

 

Réduire l’impact carbone du ski : Les solutions

 

Pour réduire l’impact carbone du ski, plusieurs solutions ont été avancées, telles que :

  • Sensibiliser les touristes aux conséquences environnementales du ski ;
  • Choisir le train ou le covoiturage pour voyager ;
  • Choisir des équipements d’occasion et éco-conçus ;
  • Réduire les déchets une fois sur place en adoptant les bons gestes et en mettant en place des poubelles de tri ;
  • Choisir un logement labellisé ou bien isolé ;
  • Diversifier les activités à la montagne afin que ces territoires soient moins dépendants du ski (VTT, randonnée pédestre, escalade)
  • Fixer une limite maximale de touristes sur les pistes pour éviter le tourisme de masse.
  • Revégétaliser les pistes.
  • Utiliser une flotte à hydrogène pour le dammage (procédé assuré par les dameuses pour améliorer la qualité de la neige sur les pistes).

 

Ces actions permettraient de réduire significativement l’empreinte carbone du ski d’ici à 2037. Néanmoins, sachez qu’un domaine skiable ne sera jamais neutre en carbone, mais peut contribuer à l’atteinte de cette neutralité.

En revanche, ces actions demandent des ressources financières. Et de nombreuses stations ne peuvent suivre cette transition écologique. Ainsi, plusieurs solutions ont été avancées, comme faire participer les communes, créer un système pollueur-payeur ou encore allouer des ressources financières aux domaines en grande difficulté.

 

Des domaines skiables au vert

 

Certains domaines ont déjà entamé leur transition écologique et mis en place des actions concrètes pour réduire leurs impacts.

En effet, le Domaines Skiables de France (la chambre professionnelle des opérateurs de stations de ski) s’engage aussi pour l’environnement afin de réduire leur impact carbone d’ici à 2037.

Par exemple, certaines stations en France (DSF) ont réalisé des économies d’énergie suite à leur Bilan Carbone. De plus, ces stations ont mis en place d’autres actions responsables comme :

 

  • la décarbonation des remontées mécaniques ;
  • une meilleure gestion des ressources en eau ;
  • une réduction des déchets grâce à des poubelles de tri et de recyclage ;
  • une protection de la biodiversité grâce à un inventaire écologique.

 

Certaines stations peuvent également obtenir des labels écologiques.

Le label Flocon Vert – créé en 2011 et délivré par l’association Moutain Riders – est l’un des plus populaires. Il garantit un tourisme responsable qui prend en compte les questions environnementales et sociales.

 

Pour l’obtenir, les stations doivent respecter 20 critères répartis en 4 thématiques :

 

 

  • l’économie locale ;
  • le social et la culture ;
  • la gouvernance ;
  • les ressources naturelles.

 

Certaines destinations touristiques de montagne ont obtenu ce label : Megève, Valberg, Chamrousse, La Pierre Saint Martin, Les Rousses, Vallée de Chamonix Mont-Blanc ou encore Châtel Portes du Soleil.

Le label Green Globe, créé en 1991, récompense lui aussi les stations pour leurs efforts en termes de développement durable.

Certaines stations ont obtenu ce label comme Tignes et Val d’Isère en Savoie, Serre-Chevalier dans les Hautes-Alpes, le Grand Massif en Haute-Savoie.

 

 

 

 

Les stations de ski peuvent aussi signer la charte Charte nationale de développement durable lancée en 2007 par l’ANMSM pour témoigner de leurs engagements environnementaux : aménagement durable des territoires, politique durable, préservation de la faune et de la flore, sensibilisation, système transparent d’application de la charte, etc.

 

💡 Le saviez-vous ? Avoriaz est une station strictement interdite aux voitures, donc entièrement piétonne.

 

Impact carbone ski : En bref

 

En conclusion, il est important de garder à l’esprit que les vacances au ski ont des effets néfastes sur l’environnement.

En effet, cette activité engendre de la pollution sonore et lumineuse, des émissions de gaz à effet de serre (surtout due aux transports), l’érosion des sols, la disparition de la faune et la flore, etc.

 

Cependant, en prenant des mesures telles que l’adoption de technologies plus respectueuses de l’environnement et la sensibilisation des skieurs à leur empreinte écologique, nous pouvons contribuer à préserver nos montagnes.

 

Pour connaître l’impact environnemental de votre entreprise, la première étape est alors de réaliser votre Bilan Carbone. Vous pourrez ainsi connaître vos émissions de GES, vos postes émetteurs et ainsi mettre en place des actions à faibles impacts.

 

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