Bilan Carbone transport maritime : quel est l’empreinte carbone ?

Le transport maritime est l’acheminement de personnes et de marchandises par les mers et les océans. Aujourd’hui, 90 % des échanges de marchandises dans le monde se font par cette voie.

Bien entendu, ces déplacements ont des impacts sur notre environnement. En effet, ce secteur contribue à la pollution des mers et des océans, mais aussi de l’atmosphère.

D’ailleurs, si le transport maritime était un pays, il serait dans le top 10 mondial des plus grands émetteurs de gaz à effet de serre !

Alors, quelle est l’empreinte carbone de ce secteur ? Quelles sont les conséquences sur l’environnement et les écosystèmes marins ? Et quelles sont les solutions pour réduire le bilan carbone du transport maritime ?

On décrypte tout ça ensemble.

 

Le transport maritime : Définition et avantages

 

En 2022, la flotte mondiale (navires de commerce, de pêche et de plaisance) comptait plus de 100 000 bateaux dont la moitié était des navires marchands : les plus gourmands en énergie.

Et les chiffres ne cessent d’augmenter. En effet, ce secteur est celui qui a connu la croissance la plus rapide ces 40 dernières années, avec une augmentation de 250 %.

 

 

Cela s’explique par :

 

  • De faibles frais de douane et d’expédition de marchandises par rapport au transport aérien, routier ou ferroviaire ;
  • La praticité des porte-conteneurs qui permettent d’acheminer d’importants volumes de marchandise ;
  • La possibilité de parcourir de longues distances entre les continents ;
  • La capacité à transporter divers flux (produits manufacturés, liquides, solides, matières premières, denrées alimentaires, véhicules, etc.)

Bilan carbone transport maritime : Chiffres clés

Bien que le transport maritime présente des avantages en termes de praticité et d’économie, il contribue largement au réchauffement climatique.

En effet, ce secteur émet d’importants gaz à effet de serre (GES). En plus d’une croissance rapide, il participe depuis peu aux efforts de réduction des émissions, que ce soit en Europe ou dans le monde.

 

D’après le rapport du GIEC de 2022, le transport maritime représente 3 % des émissions mondiales de GES (soit 600 à 1 100 MtCO₂). Et selon l’OMI ( l’Organisation Maritime Internationale), ce chiffre pourrait atteindre 17 % en 2050 si rien ne change.

 

💡 Le saviez-vous ? Les transports de carburant (pétrole, gaz, charbon, etc.) et des matières premières représentent 20 % des émissions européennes de ce secteur.

 

Afin de diminuer le bilan carbone du transport maritime, l’OMI a établi des objectifs de réduction.👇

  • Une diminution de 50 % des émissions de GES d’ici à 2050 par rapport à 2008 ;
  • Une baisse de 40 % des émissions de CO₂ d’ici à 2030 et 70 % d’ici à 2050.

 

L’impact de ce secteur : Les 3 sources de pollution

 

 

1. L’utilisation de carburant, le bunker

 

Plus de trois quarts des émissions de GES liées au transport maritime international proviennent des porte-conteneurs, des vraquiers, des pétroliers, des chimiquiers et des gaziers.

Ces navires utilisent l’un des carburants les plus polluants au monde : le bunker (appelé aussi fioul lourd). Il s’agit d’un résidu de pétrole visqueux et dense obtenu après le raffinage de l’essence ou du diesel. Il est classé comme un fioul lourd et est difficile à brûler.

 

 

Son utilisation est souvent critiquée puisque sa combustion rejette des gaz responsables du réchauffement climatique, soit :

 

  • du dioxyde de carbone (CO₂),
  • du méthane (CH4)
  • et du protoxyde d’azote (N2O) :

 

D’ailleurs, ces dix dernières années, le transport maritime a émis entre 600 et 1 100 millions de tonnes de CO₂ par an (source : GIEC). Et les navires consomment 350 millions de tonnes de carburant chaque année dans le monde.

 

💡 Le saviez-vous ? Le terme « bunker » vient du temps où les navires fonctionnaient au charbon, faisant référence aux réservoirs où ce combustible était stocké.

 

2. Le rejet de particules fines et de soufres

 

En plus d’émettre des gaz à effet de serre, les navires rejettent aussi du soufre et des particules fines dans l’atmosphère.

En effet, l’utilisation du fioul lourd émet 3 500 fois plus de particules fines que le diesel. Celles-ci sont nocives pour l’environnement et pour notre santé (d’autant plus pour les habitants vivant proches des ports et des côtes).

En effet, les populations peuvent s’exposer à des crises d’asthme, des maladies chroniques, des troubles neurologiques ou encore des irritations. D’ailleurs, en Europe, on compte environ 50 000 morts par an pour cause de la pollution de l’air dû au transport maritime (d’après une étude de France Nature Environnement.)

Ces particules provoquent aussi l’acidification des océans et dérèglent les écosystèmes.

 

3. La navigation

 

Les activités maritimes ont aussi des répercussions dévastatrices sur la faune, la flore et les écosystèmes marins.

 

 

 

Pour causes :

 

  • le déversement des produits toxiques
  • la pollution sonore provoquée par les moteurs et les hélices qui affecte les espèces marines qui s’orientent, communiquent et se nourrissent grâce aux sons, notamment les baleines.
  • la perte de conteneurs en mer puisque chaque année 15 000 conteneurs se perdraient ;
  • ainsi que le naufrage des bateaux.

 

💡 Le saviez-vous ? 80 % des baleines meurent lors d’une collision avec un navire si celui-ci voyage à une vitesse de 15 nœuds, soit moins de 30 km/h.

Réduire le bilan carbone transport maritime : Les solutions

Afin de préserver l’environnement, les écosystèmes marins et notre santé, il est urgent de réduire l’empreinte carbone du transport maritime.

 

 

Ainsi, plusieurs solutions ont été avancées, telles que :

 

  • Sortir des énergies fossiles. Remplacer le bunker par le gaz naturel liquéfié (GNL) permet de réduire de 90 % les émissions d’oxydes d’azote et de 100 % celles du dioxyde de soufre et des particules fines. De plus, le GNL est facile à transporter et s’adapte à de nombreux navires. Néanmoins, il reste une énergie fossile qui émet du méthane : un gaz à effet de serre avec un potentiel de réchauffement trente fois supérieur à celui du CO₂.

 

  • Optimiser l’efficacité énergétique dans la conception des navires. Si toute la flotte mondiale était remplacée par des navires écologiques, on réduirait de 26 % les émissions de CO₂ de ce secteur.
  • Mettre en place des réglementations. Celles-ci pourraient contraindre ce secteur à opter pour des carburants à faibles émissions de carbone, comme le biocarburant, l’hydrogène vert, le carburant de synthèse ou les énergies renouvelables.
  • Réduire l’utilisation de certaines substances nocives. Depuis 2015, l’UE a imposé une limite de 0,1 % de soufre dans le carburant pour les zones à forte activité. Et depuis 2020, L’OMI a aussi fixé une limite pour la teneur en soufre des carburants marins. En effet, tous les navires de commerce doivent ramener le niveau maximal de soufre à 0,5 %.
  • Mettre en place des infrastructures d’alimentation électrique dans les ports, car même amarrés, les navires consomment du carburant pour générer leur propre énergie. Cependant, cette initiative nécessite l’installation de lignes électriques à haute tension traversant des zones urbaines, et de nombreuses personnes s’y opposent
  • Établir des zones maritimes de contrôle des émissions atmosphériques. Aujourd’hui, il en existe 4 : en mer baltique, en mer du Nord, aux États-Unis et au Canada.
  • Changer nos habitudes de consommation. Il est important de se tourner vers une consommation locale afin de limiter l’importation de produits. D’autant plus que cela permet de soutenir notre économie et d’acheter des produits de qualité respectant les normes françaises.
  • Choisir le train plutôt que les voyages en bateau. En effet, les croisières sont un fléau écologique ! Ces immenses paquebots sont très énergivores, tant en matière d’énergie que de carburants. Préférez donc le train qui est le moyen de transport le plus écologique.

 

D’autres mesures sont envisagées comme les amendes dissuasives, l’accès réglementé aux ports de l’UE pour les navires les plus polluants, le ralentissement de la vitesse de navigation de 10 %, des taxes sur le fioul ou encore des exonérations fiscales sur les carburants alternatifs.

 

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