Bilan Carbone numérique : Tout ce qu’il faut savoir

Le bilan carbone numérique est la quantité de gaz à effet de serre produits par les activités liées aux technologies de l’information et de la communication (TIC).
Aujourd’hui, ce secteur représente aujourd’hui 3 à 4 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) mondiales et 2,5 % de l’empreinte carbone en France.
Alors, pourquoi ces chiffres ? Quels sont les facteurs à prendre en compte pour calculer l’empreinte carbone de ce secteur ? Et comment lutter contre cette pollution numérique ?
Tant de questions auxquelles nous allons répondre dans cet article.

Quel est l’impact environnemental du numérique ?

 

Comme je vous le disais, le numérique est responsable de 2,5 % du total des émissions de gaz à effet de serre en France, soit 16,9 millions de tonnes de CO₂e (Source : ADEME.)
Comparé à d’autres secteurs émetteurs (comme le transport ou l’industrie) ce chiffre reste faible. Néanmoins, il pourrait tripler d’ici 2040 si rien ne change.
Pour comprendre ces chiffres et leurs évolutions, sachez que l’empreinte carbone du numérique ne se limite pas aux émissions de CO₂ émises lors de l’utilisation des appareils.
En effet, d’autres facteurs entrent en jeu, notamment :

  • Les équipements électroniques : ici, on parle du cycle de vie du matériel (ACV), soit la fabrication des équipements, leur distribution, leur utilisation ainsi que la gestion des déchets en fin de vie ;
  • Le stockage et le traitement des données dans les centres de données (les data centers) ;
  • L’utilisation des réseaux et des infrastructures nécessaires au transit des données.

 


 

Pour vous donner quelques chiffres, en 2022 :

  • 79 % de l’empreinte carbone du numérique provient de nos équipements, notamment de leur fabrication ;
  • 16 % des centres de données ;
  • Et 5 % des réseaux (fixe et mobile).

 

Bilan Carbone numérique : Les 5 chiffres clés

 

Voici quelques chiffres pour mieux comprendre l’impact du numérique en France (d’après l’ADEME, en 2022) :

  • Pour un Français, 10 % de sa consommation annuelle est due aux équipements numériques ;
  • 20 millions de tonnes de déchets sont produites par an sur l’ensemble du cycle de vie des équipements numériques, soit environ 300 kg/habitant ;
  • 62.5 millions de tonnes de ressources sont utilisées pour produire les équipements ;
  • 79 % de l’impact du numérique est dû à sa fabrication ;
  • Et 21 % concernent l’usage des appareils.

Finalement, la majorité des émissions est liée à la fabrication des terminaux (smartphones, téléviseurs ou ordinateurs). Ainsi, avant même d’utiliser votre appareil, celui-ci aura déjà produit près de 80 % des émissions de gaz à effet de serre émises durant tout son cycle de vie

 

Comment calculer l’empreinte carbone du numérique ?

 

Calculer l’empreinte carbone de ce secteur peut être complexe, car cela dépend de nombreux facteurs tels que la fabrication des appareils, l’origine de l’énergie, la consommation de celle-ci, le stockage et l’utilisation des données, etc.

Néanmoins, voici 5 étapes qui vous permettront de vous faire une idée de l’empreinte carbone de vos appareils. 👇

 

  • Étape 1 : Évaluez la consommation électrique des appareils. Certains équipements ont des étiquettes énergétiques indiquant leur consommation. Sinon, des outils en ligne ou des applications peuvent estimer la consommation en fonction du modèle et de sa moyenne d’utilisation

 

  • Étape 2 : Calculez le temps d’utilisation des appareils. Vous vous en doutez, plus un appareil est utilisé, plus il consomme d’énergie. Prenez aussi en compte les modes de consommation de contenu : streaming de vidéo, navigation, etc. Par exemple, visionner une heure de vidéo sur YouTube depuis un téléphone émet 18 g de CO₂.

 

  • Étape 3 : Analysez la consommation des serveurs et du stockage de données. Les fournisseurs partagent parfois des données sur leur consommation énergétique par utilisateur et en fonction de la quantité de données stockées. À noter 👉 Il est crucial de vous renseigner et de prendre en compte l’origine de l’énergie. En effet, celle-ci influe pour beaucoup sur l’empreinte carbone d’un appareil. Par exemple, la production d’électricité en France, provenant à 40 % du nucléaire, émet moins de CO₂ que celle en Chine, où environ 65 % proviennent du charbon, une source très gourmande en CO₂.De la même manière, l’origine du flux d’hébergement doit être prise en compte. Là encore, l’impact environnemental est différent si un utilisateur regarde un film depuis un hébergement français ou chinois.
  • Étape 4 : Utilisez des calculatrices en ligne. Des outils en ligne peuvent vous aider à estimer l’empreinte carbone du numérique. Ces outils prennent en compte les données que vous fournissez (modèle, utilisation, usage et stockage) afin de vous donner une estimation de l’empreinte carbone associée.

 

  • Étape 5 : Analysez vos résultats et suggestions d’amélioration. Une fois que vous avez collecté les données et estimé l’empreinte carbone, vous pouvez identifier les domaines où des améliorations peuvent être apportées.D’ailleurs, regardons ensemble les bonnes pratiques à adopter diminuer son empreinte carbone numérique. 👇

 

Comment lutter contre la pollution numérique ? 16 astuces

 

Concernant les entreprises

 

  1. Questionnez les besoins en interne : est-ce nécessaire d’avoir plusieurs imprimantes dans l’entreprise ? Vos collaborateurs ont-ils tous besoin d’une tablette ? De plusieurs écrans ?
  2. Sensibilisez vos équipes en interne sur l’impact du numérique et partagez les bonnes pratiques pour une utilisation responsable.

 

Concernant le cycle de vie des produits numériques

 

 

 

 

3. Choisissez des équipements numériques labellisés ou certifiés, référencés sur le site de l’ADEME. (On vous met le lien.)

4. Utilisez des appareils reconditionnés ou choisissez des entreprises engagées, utilisant l’éco-conception pour fabriquer leurs équipements. Agir dès la phase de fabrication est essentiel pour réduire l’empreinte carbone de ce secteur.

5. Une fois vos appareils inutilisables, pensez à en faire don auprès d’initiatives solidaires ou à choisir des filières de tri des déchets.

 

Concernant l’usage des équipements numériques

 

 

        6. Optimisez l’utilisation des appareils : éteignez les appareils lorsque vous ne les utilisez pas, activez le mode veille ou économie d’énergie.
        7. Supprimez les données inutiles : faites du tri dans les fichiers et supprimez régulièrement les données et les applications non utilisées pour libérer de l’espace de stockage.

 

 

 

 

         8. Optimisez la taille des fichiers transmis : réduisez la qualité des images, des vidéos ou encore le poids des fichiers envoyés par mail. D’ailleurs, pensez aussi à nettoyer régulièrement votre boîte mail et à la configurer pour ne pas télécharger automatiquement les pièces jointes

         9. Privilégiez le streaming responsable : abaissez la qualité des vidéos lors du streaming, téléchargez les contenus pour les visionner offline et limitez les téléchargements excessifs.

        10. Utilisez de bloqueurs de publicités : réduisez la consommation de données et la charge des serveurs en limitant les publicités lors de la navigation sur Internet. Vous limitez par la même occasion les distractions !

        11. Utilisez des mots clés précis pour cibler sa recherche sur Internet afin de limiter l’utilisation des serveurs et donc la consommation d’énergie.

        12. Stockez uniquement le nécessaire sur le Cloud afin d’alléger les centres de données.

        13. Éteignez votre box la nuit ou en cas d’absence.

 

 

Concernant les centres de stockage et les réseaux

 

  14 . Choisissez des data centers utilisant un système de refroidissement moins énergivore.

15. Privilégiez un hébergeur vert et vérifiez que ses data centers fonctionnent aux énergies renouvelables.

  16. Optez pour des opérateurs qui permettent de surveiller et gérer sa consommation d’énergie.

 

Bilan carbone numérique : lois et objectifs

 

L’empreinte carbone du numérique continue d’augmenter d’année en année. Cela s’explique non seulement par une utilisation croissante dans les pays connectés, mais également par la transition numérique en cours dans les pays en développement.

💡 Le saviez-vous ? Le Nord de l’Europe est la région la plus connectée. Tandis que l’Afrique centrale est celle la plus isolée numériquement.

 

 

Pour lutter contre cette croissance, des lois voient le jour. C’est notamment le cas de la loi AGEC (Anti-Gaspillage pour une Économie Circulaire) apparue en 2020.
Celle-ci impose :

  • Aux opérateurs de communiquer aux consommateurs l’équivalent de leur consommation internet et mobile en gaz à effet de serre ;
  • Aux vendeurs d’afficher un indice de réparabilité des produits pour lutter contre l’obsolescence programmée ;
  • De mettre l’économie circulaire au cœur des instances publiques qui doivent acquérir des biens issus du réemploi ou de la réutilisation ou comportant des matières recyclées ;
  • D’apposer un logo unique sur tous les équipements électroniques qui peuvent être triés.

Le Gouvernement a aussi adopté en novembre 2021 la loi REEN. Celle-ci propose, entre autres, de :

  • Sensibiliser les plus jeunes à l’impact du numérique sur notre planète, et ce, dès l’entrée à l’école ;
  • Publier des indicateurs clés résumant les engagements environnementaux des opérateurs ;
  • Ou encore d’élaborer une stratégie numérique responsable pour les communes de plus de 50 000 habitants.

D’après l’ADEME, la mise en œuvre de l’ensemble de ces réglementations et l’usage de bonnes pratiques permettraient de réduire l’empreinte environnementale du numérique de 16 % en 2030 par rapport à 2020.

Bilan carbone numérique : L’essentiel

 

Résumons, l’empreinte carbone du numérique prend en compte :

  • Le cycle de vie du produit ;
  • Le stockage et le traitement des données ;
  • L’utilisation des réseaux et des infrastructures pour le transit des données.

 

En prenant en compte tous ces éléments, l’empreinte carbone du numérique à l’échelle mondiale devient considérable. Néanmoins, en adoptant des pratiques responsables et en se conformant aux réglementations en vigueur, il est possible de diminuer l’impact de ce secteur. 💪

 

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