Obtenir une bonne note carbone est devenu un enjeu stratégique pour les entreprises. Clients, donneurs d’ordres, investisseurs : tous regardent de près votre performance environnementale. Et dans ce contexte, la notation proposée par EcoVadis est souvent déterminante.
Pourtant, beaucoup d’entreprises voient leur score chuter — non pas parce qu’elles ne font rien, mais parce qu’elles commettent des erreurs méthodologiques ou stratégiques.
Dans cet article, nous passons en revue les erreurs carbone les plus fréquentes… et surtout comment les éviter.
Erreur n°1 : Se limiter au Scope 1 et 2 (et ignorer le Scope 3)
C’est l’erreur la plus courante. Beaucoup d’entreprises mesurent uniquement :
- Scope 1 : leurs émissions directes (chauffage, carburant, véhicules…)
- Scope 2 : l’électricité consommée
Dans la majorité des secteurs, le Scope 3 représente entre 70 % et 90 % des émissions totales. Autrement dit, la grande majorité de l’empreinte carbone d’une entreprise ne vient pas de ses bureaux ou de son électricité… mais de tout ce qui gravite autour de son activité.
Le Scope 3 inclut notamment :
- Les achats de matières premières
- Le transport amont et aval
- Les déplacements professionnels
- L’usage des produits vendus
- La fin de vie
Or, EcoVadis évalue la maturité et l’exhaustivité de votre démarche. Si votre bilan carbone est incomplet, votre score en pâtit.
Comment éviter cette erreur ?
- Cartographier l’ensemble de votre chaîne de valeur
- Prioriser les postes les plus émetteurs
- Utiliser des référentiels reconnus comme le GHG Protocol
Erreur n°2 : Utiliser des données approximatives ou trop anciennes
Un bilan carbone basé uniquement sur des estimations générales peut rapidement devenir fragile.
Exemples fréquents :
🔸 Facteurs d’émission non actualisés : les facteurs d’émission (les coefficients permettant de convertir une activité en émissions de CO₂) évoluent régulièrement.
🔸 Données fournisseurs génériques : les données génériques sont utiles au départ, mais elles doivent progressivement être remplacées par des données plus spécifiques.
🔸 Hypothèses non documentées : les estimations pertinentes mais non documentées deviennent des données fragiles à exploiter
EcoVadis valorise la fiabilité des données. Une méthodologie floue ou peu traçable peut entraîner une perte de points.
Les bonnes pratiques à respecter :
🔹 Documenter toutes les hypothèses
🔹 Mettre à jour les données chaque année
🔹 Travailler avec des données primaires quand c’est possible (factures, relevés réels, données fournisseurs)
Erreur n°3 : Ne pas définir d’objectifs chiffrés
Mesurer, c’est bien. Mais sans objectifs clairs, votre démarche reste descriptive. Un bilan carbone vous indique où vous en êtes. Des objectifs chiffrés indiquent où vous allez. Sans cible précise, votre stratégie climatique ressemble davantage à un constat qu’à un plan d’action.
EcoVadis évalue :
- L’existence d’objectifs quantifiés
- Leur horizon temporel
- Leur cohérence avec vos principaux postes d’émissions
Les bonnes pratiques à respecter :
- Définir des objectifs réalistes mais ambitieux
- Les aligner avec vos postes d’émissions majeurs
- Suivre un plan d’action structuré
Erreur n°4 : Se concentrer uniquement sur la compensation carbone
La compensation ne remplace pas la réduction Si une entreprise continue :
🔸 À utiliser des procédés énergivores
🔸 À multiplier les transports aériens
🔸 À acheter des matières premières fortement carbonées
Et qu’elle compense ensuite 100 % de ses émissions, son impact opérationnel reste identique.
C’est pourquoi une stratégie centrée uniquement sur la compensation peut être perçue comme une solution de facilité — voire comme du « greenwashing » si aucune réduction réelle n’est engagée.
EcoVadis valorise d’abord :
🔹 La réduction à la source
🔹 L’efficacité énergétique
🔹 La transformation des pratiques
La compensation doit intervenir en complément, pas en substitution.
Erreur n°5 : Négliger l’engagement des fournisseurs
Si votre Scope 3 est important (et il l’est dans la majorité des cas), vos fournisseurs jouent un rôle clé dans votre performance carbone.
En réalité, pour beaucoup d’entreprises, la majorité des émissions provient :
🔶 Des matières premières achetées
🔶 Des produits sous-traités
🔶 Du transport amont
🔶 Des prestations externes
Autrement dit, une grande partie de votre empreinte carbone ne dépend pas directement de vos propres activités… mais de celles de vos partenaires.
Ignorer cet enjeu, c’est limiter fortement votre capacité d’action.
Les bons réflexes à avoir :
- Intégrer des critères environnementaux dans les appels d’offres
- Demander des données carbone à vos partenaires clés
- Accompagner vos fournisseurs dans leur propre transition
Erreur n°6 : Manquer de cohérence entre discours et actions
Publier une politique RSE ambitieuse, mais sans preuve concrète, peut pénaliser votre score. Aujourd’hui, les plateformes d’évaluation ne se contentent plus des intentions. Elles cherchent des preuves tangibles.
EcoVadis fonctionne sur la base de documents justificatifs :
🔹 Procédures
🔹 Indicateurs
🔹 Rapports
🔹 Plans d’action
🔹 Preuves de mise en œuvre
Si votre communication dépasse la réalité opérationnelle, l’écart se verra.
Les bons réflexes à avoir :
Toujours relier vos engagements à :
– Des indicateurs mesurables
– Des résultats concrets
– Des documents formalisés
Erreur n°7 : Ne pas impliquer la direction
Une démarche carbone portée uniquement par le service RSE ou QHSE manque de poids stratégique. Même avec beaucoup de bonne volonté, une initiative isolée aura du mal à transformer en profondeur l’organisation si la direction générale n’est pas engagée. La transition carbone n’est pas seulement un sujet technique. C’est un sujet de stratégie d’entreprise.
EcoVadis ne regarde pas uniquement vos actions environnementales.
La plateforme analyse également la structure de gouvernance qui soutient votre démarche.
Elle examine notamment :
- L’implication formelle de la direction (validation de la politique, communication interne, pilotage stratégique)
- L’intégration des enjeux carbone dans la stratégie globale
- La définition claire des rôles et responsabilités
- L’existence d’instances de suivi (comité RSE, revue annuelle, reporting au comité de direction)
Une entreprise qui démontre que la direction suit régulièrement les indicateurs carbone envoie un signal de maturité bien plus fort qu’une entreprise où le sujet reste cantonné à un service support.
Erreur n°8 : Absence de plan d’amélioration continue
Une bonne note ne repose pas seulement sur ce que vous avez fait, mais sur votre capacité à progresser.
Réaliser un bilan carbone est une étape essentielle. Mais si ce bilan reste isolé, sans suivi ni plan d’action dans le temps, son impact sera limité – autant sur votre performance réelle que sur votre évaluation.
EcoVadis ne regarde pas seulement votre point de départ. La plateforme analyse votre dynamique d’amélioration. Elle valorise notamment :
- Les revues annuelles (mise à jour régulière du Bilan Carbone, analyse d’écart, comparaison avec l’année précédente).
- Les plans d’améliorations formalisées (actions identifiées, responsables désignés, échéances définies, priorisation des postes les plus émetteurs)
- Le suivi des indicateurs (tableaux de bord, KPIS environnementaux, reporting régulier à la direction
En conclusion :
La note EcoVadis n’est pas qu’un score administratif. Elle reflète la maturité de votre stratégie environnementale.
Les erreurs carbone les plus pénalisantes ne sont pas toujours liées à un manque d’engagement, mais souvent à :
- Une approche partielle
- Une méthodologie fragile
- Une absence de structuration
En adoptant une démarche rigoureuse, progressive et documentée, vous transformez votre évaluation en véritable levier de performance durable.
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