Plan RSE 2026 : comment intégrer les attentes des clients, investisseurs et parties prenantes ?

Sommaire

Dans un contexte où la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) prend une importance croissante, les entreprises de toutes tailles (PME comme grands groupes, secteurs industriels ou de services) doivent adapter leur stratégie. Aligner le plan RSE sur les attentes des clients, des investisseurs et des autres parties prenantes est devenu essentiel pour rester compétitif et crédible.

Pourquoi cette alignement est-il stratégique ? Quelles sont précisément les attentes de ces acteurs ? Comment les recueillir et les intégrer concrètement dans votre feuille de route RSE ? Cet article répond à ces questions, avec des exemples concrets à l’appui, afin d’aider votre entreprise à construire un plan RSE 2026 en phase avec son écosystème.

 

 

Pourquoi aligner la stratégie RSE sur les attentes des parties prenantes ?

 

 

Intégrer les attentes des parties prenantes dans la stratégie RSE n’est plus une option, c’est un gage de performance durable. En effet, clients, investisseurs, partenaires et collaborateurs exigent désormais des engagements RSE concrets de la part des entreprises. Répondre à cette exigence de transparence et de responsabilité est indispensable pour instaurer la confiance et fidéliser ces parties prenantes sur le long terme. À l’inverse, ignorer ces attentes expose l’entreprise à des risques : perte de réputation, désaffection des clients, difficultés de financement ou tensions sociales internes.

Aligner la RSE sur les attentes externes et internes permet aussi de concentrer les efforts sur les enjeux les plus matériels (c’est-à-dire prioritaires) pour l’entreprise. En étant à l’écoute, l’entreprise anticipe les tendances de fond (par exemple la sensibilisation des jeunes générations à l’éthique et à l’environnement) et reste attractive, compétitive et en phase avec le marché. Bien au-delà de la conformité légale, c’est devenu une nécessité stratégique pour assurer un développement durable en répondant aux attentes croissantes des parties prenantes.

 

En somme, une démarche RSE alignée offre une opportunité d’améliorer la performance globale tout en créant un cercle vertueux de confiance avec l’écosystème de l’entreprise.

 

 

Les attentes des clients en matière de RSE

 

 

Les clients sont en première ligne pour juger des engagements RSE d’une entreprise. Le grand public attend des entreprises qu’elles agissent davantage en faveur de la société et de la planète, et manifeste une préférence marquée pour les marques responsables. Une enquête de 2024 révèle que deux tiers des Français estiment insuffisantes les actions RSE actuelles des entreprises. Cependant 74 % recommanderaient une entreprise engagée en RSE et 68 % consommeraient davantage de ses produits ou services ; de plus, un tiers serait prêt à payer plus cher pour une offre plus responsable. Ces chiffres illustrent l’importance de l’engagement RSE pour l’image de marque et la fidélisation de la clientèle.

Concrètement, les clients attendent notamment :

 

🔷 Transparence environnementale et sociale :

 

Des informations claires sur l’impact écologique et social des produits et services. Par exemple, publier les données sur les émissions carbone, l’empreinte biodiversité ou les conditions de fabrication renforce la confiance des consommateurs. Ils souhaitent être assurés que ce qu’ils achètent est produit de manière durable et éthique, sans greenwashing.

 

🔷Actions climatiques et écoconception :

 

Des initiatives concrètes pour réduire l’empreinte carbone et protéger la planète. Cela passe par l’utilisation d’énergies renouvelables, l’optimisation des transports et emballages, la réduction des déchets ou l’adoption de modèles d’économie circulaire (recyclage, réutilisation). Les clients valorisent les entreprises qui innovent pour proposer des produits plus verts et contribuent activement à la lutte contre le changement climatique.

 

🔷 Soutien au local et à l’éthique :

 

Une attention aux filières locales, au “Made in France” et au commerce équitable. De plus en plus de consommateurs attendent des entreprises qu’elles soutiennent l’économie locale et assurent une juste rémunération des producteurs et fournisseurs. Cela reflète une préoccupation éthique : consommer responsable, c’est aussi encourager les entreprises qui traitent bien leurs partenaires et contribuent positivement aux communautés.

 

🔷 Dimension sociale et humaine :

 

Enfin, l’engagement vis-à-vis des employés compte aux yeux du public. Les clients qui sont aussi des citoyens souhaitent voir les entreprises prendre en compte le bien-être de leurs salariés et promouvoir des conditions de travail décentes. Une entreprise socialement responsable, qui veille à l’égalité, à la diversité et à la qualité de vie au travail, renvoie une image positive et cohérente avec ses valeurs.

En résumé, le consommateur de 2025 est plus vigilant et exigeant. Il récompense les entreprises alignées avec ses valeurs sociétales (recommandation, fidélité) et peut sanctionner celles qui déçoivent ou trompent (bad buzz, boycott). Intégrer les attentes des clients dans le plan RSE est donc crucial pour conserver sa base de clientèle et en conquérir de nouvelle, tout en contribuant à un avenir durable.

 

Les attentes des investisseurs en matière de RSE

 

 

 

 

Du côté des investisseurs et actionnaires, les attentes ont fortement évolué vers une prise en compte systématique des critères ESG (Environnementaux, Sociaux et de Gouvernance). Investir responsable n’est plus marginal : de nombreux fonds et institutions intègrent ces critères dans leurs décisions, considérant la performance extra-financière comme un indicateur de bonne gestion et de pérennité.

Ce que recherchent les investisseurs : d’abord, de la transparence et des comptes-rendus ESG fiables. Ils exigent que l’entreprise rende compte de ses performances RSE (par exemple via des rapports de durabilité, indicateurs clefs, notations ESG).

 

Ensuite, les investisseurs privilégient les entreprises capables de gérer leurs risques extra-financiers (climat, pénuries de ressources, risques sociaux) et de prouver leur résilience face aux crises économiques, climatiques ou sociales. En pratique, un plan RSE convaincant pour un investisseur comporte des objectifs chiffrés (réduction d’émissions, taux de recyclage, etc.), un calendrier clair et une gouvernance solide pour piloter ces engagements.

Enfin, il faut noter que la pression réglementaire renforce ces attentes : en Europe, des directives comme la CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) imposent progressivement aux entreprises d’établir des reportings extra-financiers standardisés, rendant plus aisée la comparaison de leurs efforts RSE. Ainsi, aligner sa stratégie RSE sur les attentes des investisseurs signifie pour l’entreprise assurer son attractivité financière à long terme.

Un bon profil RSE élargit l’accès à des financements (fonds d’investissement responsables, banques sensibles aux risques ESG) et améliore la valorisation de l’entreprise sur le marché. À l’inverse, une entreprise en retard sur ces sujets pourrait voir certains investisseurs se détourner, par crainte d’un manque d’anticipation ou de risques futurs mal maîtrisés.

 

Les attentes des autres parties prenantes (salariés, ONG, collectivités…)

 

Au-delà des clients et actionnaires, d’autres parties prenantes clés influencent et observent la démarche RSE de l’entreprise : collaborateurs, organisations non gouvernementales (ONG), collectivités locales, pouvoirs publics, fournisseurs, etc. Leurs attentes spécifiques méritent également d’être identifiées :

 

🔸 Salariés et syndicats :

 

En interne, les collaborateurs attendent de leur employeur qu’il soit cohérent avec des valeurs sociales et éthiques. Ils souhaitent travailler dans une entreprise qui respecte ses engagements RSE, offre un environnement de travail sain, favorise la diversité et le développement des compétences. Un employé fier des actions RSE de son entreprise sera plus engagé et loyal. Les représentants du personnel (syndicats, CSE) veillent notamment à ce que la politique RSE améliore concrètement les conditions de travail, l’égalité professionnelle, la santé-sécurité, etc., et ils négocient souvent des accords en ce sens. Une bonne politique sociale interne est donc attendue, sous peine de démotivation ou de conflits sociaux.

 

🔸 ONG et associations :

 

Les organisations de la société civile jouent un rôle de contre-pouvoir et d’expertise indépendante. Leurs attentes sont souvent élevées : elles demandent aux entreprises d’aller plus loin sur certains enjeux (climat, droits humains, bien-être animal, etc.), d’être totalement transparentes et de rendre des comptes sur leurs impacts. Les ONG alertent sur les impacts négatifs potentiels des activités et peuvent faire campagne publiquement pour pousser une entreprise à changer ses pratiques.

 

🔸 Collectivités locales et riverains :

 

Les communautés locales attendent d’une entreprise implantée sur leur territoire qu’elle respecte leur qualité de vie et l’environnement local. Cela implique de limiter les nuisances (pollutions, bruit, trafic) et de minimiser l’empreinte écologique des sites industriels. Ces parties prenantes souhaitent aussi que l’entreprise contribue positivement à la vie locale : création d’emplois durables pour les habitants, participation à des projets communautaires ou culturels, soutien à des associations locales, etc. Engager un dialogue ouvert avec les riverains et élus locaux est fondamental pour prendre en compte leurs préoccupations et trouver des solutions mutuellement bénéfiques.

Bien sûr, la liste des parties prenantes peut s’allonger (fournisseurs, partenaires commerciaux, médias, pouvoirs publics nationaux…). L’important est de cartographier celles qui sont pertinentes pour votre entreprise afin de comprendre leurs attentes propres. Chaque catégorie de partie prenante peut avoir des priorités différentes, parfois divergentes, mais toutes ont en commun de vouloir être écoutées et prises en considération dans la démarche de l’entreprise.

Exemples concrets de bonnes pratiques d’intégration

 

De nombreuses entreprises ont déjà fait évoluer leur démarche RSE en étroite collaboration avec leurs parties prenantes, avec succès. Voici quelques exemples inspirants dont vous pouvez vous inspirer :

 

🔷 Comités de parties prenantes multi-acteurs :

 

Plusieurs grandes entreprises françaises ont créé ces dernières années des comités consultatifs réunissant des personnalités externes et internes pour éclairer leur stratégie RSE. Veolia, par exemple, a mis en place un comité appelé “Critical Friends” intégrant des représentants d’ONG, des institutionnels, des universitaires mais aussi quelques clients, fournisseurs et salariés, pour challenger ses orientations durables.

De même, Carrefour a lancé en 2018 un Comité d’Orientation Alimentaire incluant des experts externes (parmi lesquels la fondatrice de Too Good To Go ou l’ex-PDG de Danone) afin de co-construire sa politique de transition alimentaire et lutter contre le gaspillage. Ces instances de dialogue formalisé permettent à l’entreprise de prendre le pouls de la société, de valider des idées de projets et de trouver des solutions collectives sur des sujets complexes. La réussite de ces comités repose sur une animation transparente et une réelle prise en compte des avis exprimés, ce qui a aidé ces entreprises à ajuster leur feuille de route RSE au plus près des attentes de leur écosystème.

 

🔷 Consultation large pour la matrice de matérialité :

 

Le groupe Danone illustre bien une démarche exhaustive d’écoute des parties prenantes. En 2021, dans le cadre de la mise à jour de sa stratégie RSE, Danone a mené une consultation mondiale de plus de 380 parties prenantes internes et externes afin d’identifier ses priorités à 5-10 ans. Parmi ces personnes consultées figuraient plus de 230 parties prenantes externes (ONG, autorités nationales, experts, partenaires sectoriels, etc.) ainsi que 150 salariés concernés par les enjeux de développement durable.

Danone a également sollicité l’avis de ses principaux fournisseurs, de ses grands clients et de ses investisseurs lors de cet exercice. Ce vaste dialogue a abouti à une matrice de matérialité mettant en exergue 12 priorités RSE clés, servant de base à son plan d’action. Ce cas montre qu’une démarche structurée d’écoute peut orienter efficacement la stratégie : grâce à l’identification des sujets les plus importants pour toutes les parties, Danone a pu aligner ses objectifs (ex. agriculture régénératrice, emballages durables, santé et nutrition) sur les attentes exprimées, renforçant ainsi la crédibilité et l’impact de son plan RSE.

 

🔷 Initiatives locales et implication communautaire :

 

Même à l’échelle plus locale ou pour des entreprises de taille moyenne, on observe de bonnes pratiques. Par exemple, un fabricant industriel en région peut mettre en place un comité de suivi avec les riverains et la municipalité lors de l’agrandissement d’un site, afin d’aborder en transparence les questions environnementales (bruit, trafic, rejets) et sociales (emploi local).

Certaines PME engagées n’hésitent pas à co-construire des actions avec les associations locales : on peut citer une entreprise de l’agroalimentaire travaillant main dans la main avec un réseau d’agriculteurs et d’ONG écologiques pour développer une filière d’approvisionnement responsable.

En s’inspirant de telles pratiques, chaque entreprise peut trouver des modalités adaptées à sa taille et à son secteur pour mieux associer ses parties prenantes. L’essentiel est de retenir qu’une approche participative en RSE apporte souvent des solutions innovantes et renforce la légitimité des actions menées.

 

Conclusion : un intérêt stratégique et durable

 

Intégrer les attentes des clients, investisseurs et parties prenantes dans le plan RSE est un choix payant à long terme. Une stratégie co-construite avec l’écosystème de l’entreprise bénéficiera d’une adhésion plus forte, d’une mise en œuvre facilitée et d’une plus grande résistance aux aléas. Au-delà du respect des obligations, cette approche renforce la création de valeur partagée : les retombées positives sont nombreuses, de la meilleure image de marque à la fidélisation des talents, en passant par la réduction des risques et l’innovation responsable.

En prenant en compte les attentes légitimes de ses parties prenantes, l’entreprise se dote d’un avantage concurrentiel durable et améliore son ancrage territorial et sociétal.

 

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